La peinture funéraire macédonienne

Les informations de cet article sont tirées de cet article scientifique, ainsi que ce site dédié à un colloque organisé par le musée du Louvre. Les images de ce document n’étant malheureusement pas libre de droits, il nous est impossible de les ajouter ici.

Les peintures présentes sur les façades de deux des tombes royales retrouvées à Vergina présentent à la fois une grande diversité de pigments, ainsi que  l’emploi de la feuille d’or. Même si les couleurs présentes peuvent plus se situer dans les tons chaud, leur couleur est riche. Le peintre de la scène de la chasse royale de la façade de la tombe de Philippe II a réussit à créer un effet chromatique nuancé, et à équilibrer les tons chauds et froids.

L’utilisation de ces pigments, qui peuvent avoir un aspect différent selon qu’ils soient dilués, saturés ou mélangés nécessite de la part de l’artiste un grand savoir-faire technique. La qualité des pigments employés pour ces peintures témoigne de la richesse géologique de la Macédoine et de son expansion territoriale.

Le blanc utilisé pour la fresque de la tombe d’Eurydice est ce que l’on appelle le blanc de plomb. C’est l’un des pigments de base pour les peintures sur pierre, comme ici à Vergina. L’avantage de ce blanc est qu’il a un fort pouvoir couvrant. On s’en est surtout servi en qualité de sous couche, mais également pour mélanger. Sur la tombe d’Eurydice, il est utilisé pour créer le rose des vêtements, le bleu du ciel, et la robe des chevaux. Il est également utilisé pour peindre les chevaux blancs. Cependant, un autre blance st utilisé sur cette fresque, le blanc d’os. De ton plus grisâtre, il est constitué de phosphate de calcium, produit de la calcination des os des animaux. Il n’est utilisé qu’une seule fois, mélangé à du blanc de plomb pour produire la couleur rose du trône.

Le jaune utilisé est de l’ocre, et est utilisé de manière différentes pour créer une riche variété de nuances. Il est utilisé à Vergina sur la fresque de la chasse pour créer le vert, mélangé au bleu égyptien.

Le vert est donc le produit d’un mélange. Cependant, on remarque que par exemple sur la fresque de la tombe de Perséphone, il y a très peu de vert utilisé.

Le seul bleu utilisé (ou du moins identifié) à Vergina est ce qu’on appelle le bleu egyptien, un silicate de cuivre et de calcium. Il a pour avantage d’être très résistant aux conditions climatiques souterraines. Il offre une grande variété de nuances selon son traitement.

La feuille d’or est utilisé pour créer un effet éclatant qui attire l’oeil, utilisé par exemple sur la tombe de Philippe II, ou pour accentuer certains détails dans une composition, comme par exemple sur le trône de la tombe d’Eurydice. Elle est appliquée très pure, au moyen d’un liant à base d’un liant (souvent de la gomme arabique), sur une sous couche d’ocre jaune. Selon Pline, on applique l’or avec du blanc d’oeuf pour les surfaces en pierre. Cette préparation aide à l’adhérence de la feuille.

C’est grâce au mécénat (philantropia) des rois macédoniens que de telles peintures ont pu être réalisées, car la Macédoine attirait artistes de renoms, savants et artisans du luxe. Cela se vérifie par la richesse du mobilier retrouvé dans les tombes. C’est surtout l’arrivée de Zeuxis, peintre grec à la cour macédonienne du roi Archélaos à la fin du Vème siècle, qui marque un tournant dans la peinture macédonienne: en effet, les peintres futurs continueront à s’inspirer de sa technique, qui consiste à appliquer la peinture en petites touches pour privilégier la nuance, et non plus en aplats.

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